Novembre 1965
- Les X-Men : Professor X, Cyclops, the Angel, the Beast, Iceman et Marvel Girl I
- Zelda
- Warren Kenneth Worthington Jr (le père d'Angel, première apparition) et Kathryn Worthington (la mère d'Angel, première apparition), leur majordome Curtis (première apparition)
- Dr Bolivar Trask (première apparition, créateur des Sentinelles), The Master Mold I [le Moule Initial] (en coulisses), The Sentinels [Les Sentinelles] (première apparition, des robots traqueurs de mutants)
- Bernard the Poet
- Co-scénariste, dialogues, rédacteur-en-chef : Stan Lee
- Co-scénariste, croquis : Jack Kirby
- Finition du dessin : "Jay Gavin" [Werner Roth]
- Encreur : Vince Colletta
- Lettreur : Sam Rosen
(20 pages)
Bolivar Trask dévoile ses Sentinelles chasseuses de mutants. Elles décident aussitôt que le meilleur moyen de protéger l'humanité est de conquérir le monde...
- C'est un épisode extrêmement important, car c'est celui où Bolivar Trask fait sa prédiction publique que les mutants vont conquérir le monde. L'hystérie anti-mutante de masse commence ici.
- Les Sentinelles font leur première apparition, et démarrent sur les chapeaux de roue en se retournant contre leur propre créateur trois cases plus tard. On peut se demander pourquoi on a sans cesse continué d'en construire de nouvelles : elles n'ont jamais fait ce qu'on leur demandait. Leur raisonnement est que le meilleur moyen de protéger la race humaine est de conquérir le monde.
- L'épisode #59 éclaire cette histoire d'un nouveau jour. Dans cet épisode-là, Robert Chalmers prétend que Bolivar voulait construire les Sentinelles pour emprisonner tous les mutants afin de les empêcher d'apprendre que son fils Larry était un mutant lui aussi. Pourquoi donc Bolivar devrait craindre que les mutants le découvrent, plutôt que qui que ce soit d'autre, n'est franchement pas très clair. Cependant, si Bolivar sait que son propre fils est un mutant (et il doit lui savoir, car il a donné à Larry un médaillon qui supprime ses pouvoirs), alors ça provoque de gros doutes sur la sincérité de sa conviction que tous les mutants sont dangereux. A moins qu'il traite différemment les membres de sa famille, ce qui ne serait pas complètement absurde.
- Warrent déclare que ses ailes ne sont pas apparu avant qu'il ne soit à l'école militaire, et qu'il est parti parce qu'il ne voulait pas affronter la visite médicale. Ceci, bien entendu, a été tranquillement oublié et ne ressemble guère à ses origines telles qu'elles seront définitivement fixées plus tard par Marvel.
- Les parents de Warren apparaissent pour la première fois. D'après Warren, ils sont "merveilleusement patients et compréhensifs". Aussi, très riches.
- Scott, le pauvre, essaie toujours de trouver le courage de déclarer sa flamme à Jean. Il pense ne pas avoir la moindre chance face à Warren.
- A partir de cet épisode, la série est publiée mensuellement. D'après la dernière case, c'est dû à "une demande par les fans jusqu'ici jamais vue dans l'histoire". Probablement un peu exagéré.
- Beaucoup de choses dans cet épisode.
- Trask prétend que tout le monde a raté la menace mutante parce qu'ils sont trop occupés par la Guerre Froide et la bombe atomique.
- Beast utilise des "chaussures avec des charnières spéciales" pour... euh, ben, apparemment empêcher les gens de se rendre compte à quel point ses pieds sont grands. Aucune idée de comment c'est censé fonctionner.
- Le journal sensationaliste "Daily Globe" rapporte les révélations de Trask avec un sous-titre merveilleusement accrocheur : "Un Eminent Anthropologue Déclare Que L'Humanité Encourt Un Très Grave Danger De La Part de Mutants Cachés Qui Attendent Leur Moment Pour Frapper". On ne peut qu'adorer l'usage ici des mots "éminent anthropologue".
- L'horrible future dominé par les mutants ressemble beaucoup à une série B ses années 50 (section des clones de Flash Gordon).
- Xavier obtient un débat télévisé avec Trask simplement en téléphonant à la chaîne et en déclarant "passez moi votre directeur des programmes immédiatement !". Il l'obtient immédiatement, et pour pouvoir diffuser à l'antenne le débat scientifique de Xavier, la chaîne de télé annule "deux soap-opéras et un western adulte largement acclamé par la critique".
- Dans un de ces cas de "tous les scientifiques savent tout de tout", Trask, un anthropologue, construit seul un groupe fonctionnel de robots tueurs. Okay, ils ne marchent pas très bien, mais c'est déjà franchement pas mal pour un anthropologue.
- Xavier peut lire les esprits des Sentinelles. Enfin, presque.
- Le Coffee-A-Go-Go revient. Et encore une fois, vu qu'ils sont dessinés par Kirby, Hank et Bobby y sont les seuls personnes en costards. Les dialogues sont en pleine forme. [C'est intraduisible, mais c'est adorablement débile.] Il y a même le mot "libido" en page 9 case 3. C'est extrêmement licencieux selon les normes des années 60...
- Un très bon épisode ! Il trouve enfin un thème qui marche très bien pour la série : la paranoia anti-mutant qui donne aux X-Men un objectif, offre un contexte au rêve de Xavier, et permet à Magneto d'arrondir un peu sa personnalité. Jusqu'ici la mission des X-Men n'a guère été plus que "combattre les méchants mutants" ; maintenant les enjeux deviennent bien plus importants, et le conflit prend beaucoup plus de sens. C'est une si bonne idée que ça deviendra le concept de la série pendant 40 ans.
- Il y a un tour résolument satirique dans cet épusode. De toute évidence, il applique la formule de la guerre froide où une paranoia excessive face à une menace contre l'Amérique débouche sur une solution encore plus horriblement stupide que le problème. Mais il y a aussi des médias sensationnalistes, et un animateur télé qui tente de rappeler les sponsors de l'émission aux téléspectateurs en plein milieu de l'attaque des Sentinelles. Malgré toute la stupidité datée des années 60 présente ici, c'est aussi un des épisodes qui a le mieux vieilli.
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